Victime de son succès, le microcrédit hésite entre rentabilité et lutte contre la pauvreté
Victime de son succès, le microcrédit hésite entre rentabilité et lutte contre la pauvreté. Un sommet s’est tenu à Genève, qui a vu l’inventeur de la microfinance rappeler l’esprit de cette pratique. Alors que la crise de la finance mondiale bat son plein, un grand sommet sur le microcrédit s’est tenu ces deux derniers jours à l’Organisation mondiale du travail. Hasard des calendriers, rien de plus. Mais un hasard qui a exacerbé les tensions que connaît aujourd’hui le monde de la microfinance. Il suffisait pour s’en convaincre d’écouter hier les déclarations du père spirituel de ce mouvement, Prix Nobel de la paix 2006, le Bangladeshi Muhammad Yunuf: «Le microcrédit ne doit pas servir à faire du profit, mais à lutter contre la pauvreté.» Cet homme de 68 ans a commencé ses activités en 1976, avec seulement une trentaine de dollars en poche. Il règne aujourd’hui sur une entreprise qui pèse plusieurs millions de dollars. A l’origine de tout, une idée simple: prêter quelques dizaines, voire centaines de dollars à une personne nécessiteuse pour lui permettre de monter une micro-entreprise. Comme tout emprunteur, celle-ci est soumise à un taux d’intérêt et à des tranches de remboursement.
Source: Tribune de Genève
