500 ans d’Imprimerie, 100 ans de Radio, 60 ans de TV, 20 ans d’Internet… Et maintenant ?!?

Souhaiter que 2016 soit une bonne année, a peu de sens si cela reste une perception individuelle. Dans un monde global qui communique en continu, n’est-il pas nécessaire de se soucier autant de soi que des habitants de l’autre bout du monde? Tout événement ne peut plus être considéré comme isolé et l’effet papillon est une réalité. Alors que peut-on faire de plus, que peut on faire de mieux?

L’imprimerie a accéléré la diffusion des idées et le partage des connaissances. Ce fut un premier support pour prendre conscience de ce que l’humanité savait et faisait. La radio nous a permis d’aller plus loin dans la transmission des idées et des évènements. La télévision nous a définitivement tous captivés. Ces media peuvent éduquer comme abrutir aussi, néanmoins, ils ont le mérite d’informer. Enfin, avec Internet l’information est reçue passivement comme autrefois, mais désormais avec la possibilité pour chacun d’être actif à son tour et de rediffuser ce qu’il souhaite. Internet a été salué pour son impact politique lors de récentes révolutions et du printemps arabe, alors quel rôle jouer pour un impact économique, social et environnemental?

 

Le monde est clos et le désir infini…

Daniel Cohen, qui participait récemment à l’émission Agora pour présenter son dernier essai (Le monde est clos et le désir infini. Albin Michel), évoquait les problèmes de la croissance car «toute notre société fonctionne à ce carburant ». «Si on devait faire le deuil de la croissance, ce serait une deuxième mort de dieu et la fin de l’idée de progrès». Il y aurait dorénavant une dissociation entre le progrès technique et la croissance, et donc l’emploi. «Le numérique mène à une polarisation de l’emploi et à une insécurité économique. Il faut donc repenser à un nouveau type de protection sociale pour rassurer la population et garantir une place dans la société indépendamment de la croissance». Certes l’économique ne peut plus être pensé en dehors du numérique, mais ajoutons que l’économique ne peut pas être pensé sans l’écologique. D. Cohen a été critiqué pour avoir parlé de changement de mentalité nécessaire sans apporter les solutions économiques concrètes qui assureraient un «passage de la quantité à la qualité». Pourtant ces solutions font parties de notre quotidien.

Devons nous attendre de conférences internationales ou d’élections nationales les solutions? Est ce la majorité qui pose les bases du renouveau ou une minorité agissante capable de proposer de nouveaux modèles? Dans la même émission, Christian Laval parlait de régénérescence grâce à des modèles qui ne sont que alternatifs et mineurs, pour l’instant. C’est aussi ce que montre le film Demain.

L’homme est capable de mettre en place sa propre destruction mais peine à se sauver collectivement. L’essai fiction «L’effondrement de la civilisation occidentale, LesLiensQuiLibèrent » explique que «les conséquences de nos actes n’étaient pas seulement prévisibles, mais avaient été prévues. Les peuples savaient ce qui leur arrivait mais ont été incapables d’enrayer le processus». Recevoir des nouvelles alarmantes via des conférences, des films, des articles, des photos, des Tweet est trop limité. Diffuser et informer c’est bien, mais agir c’est mieux. Ne pas agir en cherchant la perfection mais agir un peu, tous les jours et le faire savoir, doivent donner envie aux autres de s’y mettre aussi. Pierre Rabhi pour Novethic expliquait que «le premier maillon de l’action est déjà de prendre conscience de notre inconscience» et que «croire qu’il peut y avoir un changement de la société sans qu’il y ait un changement humain est irréaliste», enfin «il y a beaucoup trop de théories dans ce monde et pas assez d’actions».

 

Changer de mentalité, changer de paradigme

Cela me fait penser à la COY où en Novembre (comment se réapproprier l’économie réelle?) j’expliquais qu’il fallait “s“’investir dans l’économie locale. Là, j’ai rencontré des étudiants qui, via leur Smartphones, se posaient des défis pour faire des «bonnes actions» écologiques. Ils veulent en faire une application. Avec la même impulsion mydropintheoceans  propose une monnaie locale qui récompense les actions positives et durables. Lorsqu’on souhaite quelque chose qui n’existe pas, alors il faut le faire. C’est la conviction qu’il faut commencer d’abord individuellement pour reconstruire collectivement. C’est la base de l’entrepreneuriat et aussi de l’Impact Investing: changer de paradigme et créer une nouvelle économie régénératrice en finançant les solutions aux enjeux environnementaux et sociaux que nous affrontons. C’est une approche Bottom-up qui grâce à Internet à un effet multiplicateur. L’ubérisation de l’économie est capable du meilleur comme du pire. Après le printemps arabe la situation politique demeure pour beaucoup catastrophique. Que la numérisation économique en tire les leçons. Partager sa voiture ou son logement n’est pas encore un modèle social, mais un changement de mentalité nécessaire pour rêver d’une économie saine et durable, sans croissance matérielle mais avec un réel progrès humain. D’ailleurs, «une société sans rêve est une société sans avenir. CG Jung »

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // A. Jung // 02.02.16

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