Action ou vérité : ce n’est plus un jeu d’enfants (1ère partie)

Jeu au résultat incertain de notre enfance, Action ou Vérité,  nous permettait de plonger dans l’intimité de nos amis ou de provoquer leur bravoure. “Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire”, mais adulte, pouvons-nous quand même conserver ce désir de démonstration, pour soi et pour les autres ?

Quelles sont les tristes vérités de notre système économique ? Des inégalités de richesse mondiale et nationale de plus en plus insupportables, des modifications climatiques irréversibles, un désintérêt pour les institutions politiques (NuitDebout !), un bouleversement de la protection sociale et de l’emploi.

Je n’ai ni l’âge ni l’envie de dire “c’était mieux avant” ou “de mon temps”, mais j’ai la volonté de vous faire partager mes rencontres avec des entrepreneurs dans la nourriture, l’environnement et la finance. En effet «un pessimiste fait de ses occasions des difficultés, et un optimiste fait de ses difficultés des occasions» H.Truman

 

NOTRE NOURRITURE :

Action ou Vérité ? Est-ce que le Bio est trop cher ?

Vérité: Son prix en magasin est de l’ordre de 30% plus élevé, parfois plus.

Action individuelle: Si vous changez vos habitudes alimentaires et achetez plus de produits bruts que des produits de marque ou déjà préparés, alors la facture baisse. En diminuant un peu sa consommation de produits animaux, une famille peut se nourrir 100% en Bio pour un coût plus faible qu’avec de la viande tous les jours.

Action collective: Se regrouper pour réaliser des achats directs permet au producteur de récupérer une plus grande partie du prix final et donc le coût est plus bas qu’en supermarchés. Les magasins de producteurs et spécialisés,  ainsi qu’Internet (D’Ici Même et AgirInfo en Suisse Romande) répondent à cette logique. La RucheQuiDitOui qui facilite ces échanges directs, a depuis peu lancé une application sur téléphone mobile. Aussi l’entreprise Bou’Sol produit du pain Bio local pour la restauration collective à un prix raisonnable tout en facilitant l’intégration sociale de ses salariés.

L’agriculture Bio peut-elle nourrir la planète?

Vérité: Elle progresse; de plus en plus d’agriculteurs se convertissent au Bio. Pour certains produits, c’est même le seul modèle économique viable (l’Expansion). En calorie de nourriture produite par unité de surface, elle est même bien plus productive. La question serait plutôt de se demander si l’agriculture chimique pourra encore nous nourrir alors qu’elle détruit les sols, pollue l’eau et diminue la biodiversité.

Action individuelle: Participez au financement du Bio (Impact Investing et Crowdfunding).

Action collective: TerredeLiens achète des fermes grâce à l’épargne citoyenne et les loue à des agriculteurs Bio. La CDC vient de rentrer dans son capital. Fermesd’Avenir et Permaculture.ch privilégient les MicroFermes, la mutualisation et la formation de «payculteurs».

Peut-on se passer des supermarchés?

Vérité: Pour l’instant compliqué, mais avec un petit effort, c’est envisageable.

Action individuelle: L’expérience a été faite récemment par un journaliste

 

NOTRE ENVIRONNEMENT : Bien sûr faire globalement attention à la façon dont est produite, transformée, emballée et transportée notre nourriture impacte l’environnement. C’est aussi à chacun de nous d’agir directement pour  modifier sa consommation énergétique et technologique.

Action ou Vérité ? Peut-on combler nos besoins énergétiques grâce aux énergies renouvelables ?

Vérité: Non, à ma connaissance. Ni la technique actuelle, ni les programmes solaires, éoliens ou d’utilisation de biomasse mis en place et en développement ne peuvent satisfaire dans un avenir proche notre consommation. C’est pourtant la prochaine révolution selon J.Rifkin (voir aussi énergie partagée, enercoop et la Suisse serait en bonne voie).

Action individuelle: Déjà pour vos transports. Cela ne veut pas dire ne plus prendre sa voiture seul, mais juste réduire ses déplacements suffirait en terme d’impact environnemental.

Bien isoler son habitation, prendre des douches moins chaudes, éteindre ses appareils au lieu de les laisser en veille, ne pas recharger son téléphone la nuit, réparer ou partager les objets … bref des actions minimes individuellement, mais avec un effet collectif considérable.

Action collective: Des entreprises ont compris que apporter des solutions qui réduisent notre consommation est un secteur en croissance (de $15 milliards en 2013 à 235 en 2025). Non, ca ne s’appelle pas un paradoxe, mais “économie collaborative“.

 

Comme le reporte entre autre l’Atlas de l’Economie Positive (LLL), ils sont des centaines de milliers dans le monde à avoir pris l’initiative de changer de comportement et des milliers à créer des entreprises ou associations pour favoriser ces changements. Vous pouvez agir dès maintenant pour les soutenir et les financer. Une nouvelle économie est en marche et comme l’écrivait Lewis Caroll, avant Emmanuel Macron «Tu ne manqueras pas d’arriver quelque part si tu marches assez longtemps».

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // A. Jung // 19.04.16

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