Behind the brands

Avec bientôt 9 milliards d’habitants, la planète voit chaque jour grandir le sujet de la sécurité alimentaire. Partant du constat que presque 900 millions de personnes se couchent le soir avec un (gros) creux à l’estomac, alors que le monde regorge de nourriture, Oxfam, organisation internationale active dans le développement, a lancé une campagne intitulée GROW. Un acronyme qui fait référence au besoin d’adapter la croissance économique pour la rendre plus équitable, moins destructrice de l’environnement, plus durable au fond.

Un des projets de la campagne qui en découle, intitulé « Behind the brands », est de classer les 10 plus grandes sociétés agroalimentaires par rapport à leurs pratiques sociales et environnementales, puis de suivre leur évolution dans le temps. Les critères de classification se basent sur différents aspects comme la gestion de la terre ou de l’eau, les conditions de travail des paysans, ouvriers et des femmes, ou encore la transparence des informations fournies.

Après trois séries de résultats, Nestlé arrive en tête avec un score de 61 sur 100, 100 étant le niveau parfait de conscience, d’expertise, d’engagement et de maîtrise de la chaîne de production selon Oxfam. Ce score fait donc de Nestlé la seule société agroalimentaire obtenant un résultat satisfaisant. Surprise ? Oui et non. Selon certains, il y a encore beaucoup à faire au sein de la multinationale de Vevey. Selon d’autres, notamment les agences de notation ESG (rating sociaux, environnementaux et gouvernance), Nestlé s’était déjà convertie ces dernières années en une société leader en la matière d’où une surprise plutôt modérée.

Qu’est-ce que ceci signifie ? Avec bientôt 100 milliards de francs de chiffre d’affaires, Nestlé est virtuellement la 60ème puissance économique mondiale, ce qui la place entre le Maroc et l’Equateur, équivalent à près de 17% du PIB suisse.

Avec une amplitude pareille, la force de frappe en matière sociale ou environnementale est évidemment extraordinaire. Alors quand une société de cette taille signe une convention internationale sur les droits humains ou qu’elle décide d’imposer des nouvelles conditions de travail pour les producteurs de café par exemple, l’impact peut être formidablement positif. Ce n’est donc pas une surprise si la société civile fait prioritairement pression sur les groupes leaders plutôt que sur les petites sociétés. Et ce même si les multinationales ont parfois des pratiques plus responsables en matière sociale et environnementale que les PME. Le romantisme a vécu,  vive le pragmatisme !

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // F. Sophia // 30.10.13

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