Dé-carboniser les investissements

Hier a eu lieu le 6ème « Geneva forum for sustainable investing ». Ce rendez-vous, désormais incontournable, permet à la communauté des investisseurs de se familiariser avec les solutions les plus pointues du marché en matière d’investissement durable.

Les intervenants ont abordé de nombreux sujets, des actions thématiques aux obligations émergentes en passant par la gestion des risques. Par ailleurs une thématique a fait son entrée dans le forum et sur la place financière suisse, celle des « stranded assets ». On se réfère ainsi aux actifs sujets de manière non anticipée ou prématurée à une dépréciation ou une dévaluation. Jusqu’ici peu abordé sous nos latitudes, cet enjeu intéresse pourtant de nombreux investisseurs institutionnels hors de nos frontières.

Dé-carboniser les portefeuilles

 Dans “le climat et la bulle” nous avions déjà abordé l’impact de la lutte contre le changement climatique sur le secteur de l’énergie conventionnelle. Un accord de réduction des gaz à effet de serre (GES) dont l’objectif serait de ne pas dépasser les deux degrés de réchauffement impacterait fortement la valeur des réserves de ces industries. Encore faut-il déterminer quel taux d’escompte appliquer pour en estimer la valeur réelle. Exercice difficile qui a motivé certains investisseurs à tout simplement renoncer à une allocation aux énergies fossiles dans leur portefeuille.

Plus largement les impacts anticipés du dérèglement climatique sont multiples : destruction de biens, perturbation de la chaîne d’approvisionnement et de production, certains parlent même d’une baisse de la productivité. Les effets sur la profitabilité des entreprises seront donc réels, que l’on s’accorde sur une politique climatique ou pas.

Les investisseurs bougent

Beaucoup d’espoir est mis dans la prochaine réunion climatique de cet automne à Paris. En attendant un accord global, d’aucun diront utopique, le monde financier s’organise. Deux initiatives sortent du lot et partagent le même objectif : mobiliser l’important capital des investisseurs institutionnels afin de réduire les GES.

 – Le « Portfolio Decarbonization Coalition (PDC)» représente aujourd’hui USD 45 milliards. Les signataires s’engagent, au travers d’objectifs transparents, de réduire l’effet carbone de leurs investissements.

 – le récent  « Montréal Pledge », lancé en septembre 2014, permet aux investisseurs signataires du PDC de formaliser leur engagement en mesurant et publiant l’empreinte carbone de leur portefeuille sur une base annuelle.

L’objectif est de réallouer le capital aux entreprises, projets et technologies relativement moins intensives en émissions de carbone dans le même secteur. On poursuit donc une affectation positive aux sociétés qui réduisent significativement et de façon mesurable les émissions de GES ainsi qu’une allocation des capitaux vers des sociétés et des projets permettant une accélération de la transition énergétique.

La question n’est pas de savoir si il y a lieu de dé-carboniser ou pas, mais bien comment !

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // N. Guerdat // 09.06.15

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