D’ici à 2020

Plantons le décor : Maria Cárdenas Quezada est propriétaire d’une petite échoppe à San Juan de Lurigancho, un des quartiers les plus peuplé et dynamique de Lima. Elle y vend des fruits et légumes et les affaires progressant, elle y a ajouté une série de produits non-alimentaires (ampoules, lessive, etc.). Ses affaires vont bien, si bien qu’elle a pu épargner pour acheter un véhicule et assurer un service de distribution porte à porte. Son mari est venu l’épauler dans ce nouveau projet et leurs deux enfants feront partie de la toute première génération d’étudiants universitaires de la famille. A l’horizon 2020.

Autre continent : Bayarsaikhan Dashpuntsag vit dans un faubourg d’Oulan-Bator, capital de la Mongolie. Il est propriétaire d’une société de taxis. Au début de sa carrière, il faisait du commerce de voitures d’occasion. Entrepreneur, il s’est mis à louer ses véhicules à la journée ou au mois à des chauffeurs de taxi. Aujourd’hui, Bayarsaikhan gère un parc d’une centaine de voitures et sa société fait vivre autant de familles. Ses besoins de financement vont grimper ces prochaines années.

L’Afrique n’est pas en reste. Au Sénégal comme partout ailleurs, les sources traditionnelles d’énergie pour créer de la lumière, telle que le bois, les bougies ou le kérosène sont dangereuses, coutent chères et polluent. Une société fondée par Abdou N’Daye à Dakar spécialisée dans l’énergie solaire a installé depuis 2013 plus de 100’000 panneaux photovoltaïques dans des commerces ou chez des privés. Depuis peu, elle remplace l’éclairage de rue de plusieurs communes par des systèmes d’énergie solaire. Ce système sera généralisé d’ici à une dizaine d’année.

Le point commun entre ces histoires ? Tous ces parcours sont financés au travers de la microfinance et de « l’impact investing ». Oui, le secteur privé s’engage dans ce domaine ! Il existe une centaine de fonds d’investissement dédiés pour un volume de presque 10 milliards de dollars (dont d’ailleurs 27% sont générés depuis la Suisse). Depuis 2004, ces fonds ont généré plus de 40% de rendement cumulé en offrant une très grande résilience par rapport aux marchés traditionnels.

Ces parcours ne sont pas seulement de belles histoires pour philanthropes occidentaux. Les micro et petits entrepreneurs jouent un rôle fondamental dans le développement socio-économique mondial. Saviez-vous que plus de 95% du secteur privé dans les pays émergents (67% en Suisse) est composé de micro et petites entreprises ? Saviez-vous aussi que plus de 200 millions de micro et petites entreprises dans les pays émergents manquent de soutien financier? Le potentiel est énorme. Cap sur 2020 !

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // F. Sophia // 25.02.13

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