Impact Investing : Quid du Post-Investissement ?

Un collaborateur me disait l’autre jour que nous découvrons si la due diligence d’un investissement a été bien faite lors du premier conseil d’administration. 90% des fois, nous nous rendons compte que nous sommes passés à côté d’informations fondamentales. Savoir  redresser la barre et donner à la compagnie la possibilité de réussir malgré tout prouve alors notre capacité à être un bon investisseur.

Cela m’a amenée à réfléchir au processus de gestion post-investissement. En tant qu’investisseur d’impact, j’ai souvent éprouvé de la difficulté à choisir LA bonne compagnie à analyser. En tant que telle, la due diligence d’impact est un processus assez standard et comparable à la finance traditionnelle. Mais le choix de LA bonne compagnie à analyser est toujours délicat. Une abondante littérature est disponible à ce sujet et m’a souvent aidée à me décider. Le premier filtre passé, il faut s’attacher à évaluer tous les critères qui détermineront le succès du modèle d’affaires, et bien sûr être capable de mesurer de façon tangible l’impact créé. La plupart du temps, la due diligence se passe sans problème particulier, sans grande différence avec la due diligence effectuée en capital-investissement traditionnel et l’investissement a lieu. Mais quid de la suite ?

Avec le temps et l’expérience, je me rends compte que l’analyse préinvestissement n’est que la partie visible de l’iceberg. Le plus grand défi reste la gestion post-investissement, quand l’argent est entré dans la compagnie et qu’il faut désormais aider cette dernière à se développer en respectant un certain nombre de lignes de conduite établies en amont.

D’autant plus que les entrepreneurs sociaux veulent souvent la présence des investisseurs à leurs côtés pour atteindre leurs objectifs et accéder à leur expertise – sous forme d’assistance technique sur le plan autant financier, légal, administratif, stratégique que de mesure d’impact.

Les réalités actuelles du marché ne permettent pas à une entreprise sociale de naviguer seule vers la réussite, et c’est pourquoi en tant qu’investisseur, je suis convaincue qu’il est bénéfique à toutes les parties que l’investisseur s’implique activement dans la marche des entreprises qu’il finance.

Dans le cas des investisseurs dit d’impact, il s’agit également d’assurer la maximisation multidimensionnelle de la valeur de l’entreprise investie. C’est-à-dire savoir évaluer financièrement et en termes de risques les éléments d’impact et garder tout au long de l’investissement un positionnement à la fois pragmatique, pour favoriser un profit, mais aussi visionnaire pour améliorer l’empreinte sociale et environnementale.

Par ailleurs, je crois fondamentalement qu’être un gestionnaire dit d’impact c’est revenir au prélude de l’investissement capitalistique où l’investisseur s’intéresse de près à un modèle d’affaires auquel il croit profondément et dans lequel il est prêt à investir de l’argent, du temps et de l’énergie pour le développer, en collaboration avec un entrepreneur passionné, déterminé et visionnaire. Tout cela dans le but final de répondre à un besoin jusqu’à là non ou mal adressé, et espérer maximiser la création de valeur environnementale et sociale. Et pour ainsi éviter de mauvaises surprises au premier conseil d’administration.

SFG // S. Durey // 27.02.14

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