La Chine, état des lieux morose

发展 : Objectif Croissance

Ces dernières décennies, les chinois ont choisi le développement et la croissance économique à tout prix, quelles que soient les conséquences environnementales et sociales. Et ça marche : la majorité de nos vêtements, de notre électronique, de nos métaux portent la mention Made in China. Les chiffres ne mentent pas : 1ère puissance économique en termes de PIB (PPA) d’après la Banque Mondiale, bien au-dessus de leurs éternels concurrents, les Etats-Unis ; écrasante démographie avec la 1ère population mondiale et ses 1,3 milliard d’habitants ; 1er exportateur mondial dans de nombreux secteurs à forte valeur ajoutée ; puissance diplomatique de choix ayant un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU ; plus grande armée au monde ; une des plus anciennes civilisations de la planète… La liste est longue.

Il est difficile de concevoir comment le reste du monde peut s’affranchir des effets du rouleau compresseur chinois, notamment les conséquences environnementales et sociales de cette croissance visiblement sans limite.

Car aujourd’hui, en effet, les chinois, suivant les conseils de leur ancien leader Den Xiaoping, s’enrichissent et vivent une existence de consommation guidée par le confort et l’accumulation, sans soucis des conséquences sur notre planète.

La pollution : bête noire de la croissance

Les inconvénients de cette libéralisation de l’économie amorcée dans les années 80, sont toutes les externalités négatives que ce développement à grande vitesse engendre. Pollution, nourriture contaminée, régulation obscure, produits qui détruisent la santé des consommateurs, qualité médiocre sur toute la chaîne de valeur industrielle, mise en danger du personnel… et cela sans compter les effets indirects ou long terme : santé dégradée, cancer, maladies des poumons, accidents du travail et perte de productivité, difficulté à gérer les déchets, eau polluée… La croissance du plus grand pays d’Asie Orientale est clairement intenable dans le temps car trop gourmande en ressources naturelles et trop destructrice pour l’environnement et la société sur le long terme.

La volonté de rattraper son ‘retard’ a poussé la Chine à occulter les priorités écologiques et à créer un environnement urbain similaire à celui observé ailleurs. Pourtant les matériaux sont bruts et de pauvre qualité, peu d’installations sont écologiques, encore moins dans les espaces et les transports publics. Il flotte en permanence une couche de poussière qui s’infiltre partout : vos vêtements, vos poumons, votre peau.

Il n’y a pas d’option bio ou locale dans les produits et la nourriture achetée dans les magasins. Tout est fait en grand, à toute vitesse et au moindre coût.

On aurait pu imaginer, dans un monde idéal, que la croissance de la Chine soit un exemple de développement économique vert avec des transports en commun électriques, des immeubles zéro carbone, des zones urbaines intelligentes et des supermarchés bios et locaux. Malheureusement c’est tout le contraire qui a eu lieu.

Dans le prochain blog, nous verrons quels sont les éléments qui nous donnent espoir pour le futur de la Chine.

Sophie Durey, qui mène l’évaluation d’impact chez Quadia, a passé deux mois à rencontrer les acteurs de la durabilité chinoise pour comprendre comment le pays le plus peuplé au monde réagit face aux problèmes urgents liés à la pollution de l’air comme du sol et de la sécurité alimentaire. Selon Sophie, l’évaluation des enjeux sociaux et environnementaux occupe une place primordiale dans l’analyse des opportunités d’investissement. Le contexte global est indissociable du contexte local. Il lui paraissait donc indispensable de se rendre compte sur place de l’influence qu’un pays comme la Chine peut avoir sur ces grands enjeux.

SFG & Blog // S. Durey // 12.12.16

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