« Il y a une place pour un monde bancaire qui oriente les activités économiques vers des systèmes plus durables » David Hiler

 

Présent dès les débuts de l’association

« Je me souviens de cette soirée de lancement de SFG en 2008, dans une époque difficile pour la finance, alors en pleine crise. Même si d’ordinaire je n’apprécie gère les mondanités, j’avais d’emblée été séduit par ce projet porté par les acteurs de la finance de la région». David Hiler a rappelé les premiers contacts qu’il avait noué avec SFG, dans une allocution qui a suivie la partie formelle l’assemblée générale de Sustainable Finance Geneva le mardi 31 mai.

A cette occasion, le conseiller d’Etat genevois en charge du département des finances de 2005 à 2013, a pris la vice-présidence de l’association. Pour rappel, il était devenu membre du comité l’an dernier. David Hiler s’est exprimé sur le thème «La finance durable, simple atout ou nécessité pour Genève?», et sur les raisons qui l’ont incité à suivre de près les activités de l’association, dans un discours très personnel, inspiré et non sans humour.

« Une association comme SFG joue un rôle fondamental »

Historien-économiste de formation, David Hiler a fait un parallèle entre le projet porté par SFG et ses propres travaux et lectures d’économie. Il a par exemple évoqué l’Ecole de la régulation, qui s’est intéressée aux grands changements qui surviennent lorsqu’un système économique arrive au bout de ses contradictions, comme cela a pu être le cas avec la crise financière de 2008, qui a aussi favorisé les impulsions, les innovations et le besoin de nouveaux modèles.

« L’opinion publique est devenue très critique à l’égard les banques. De la même manière que les ONG épinglent à juste titre les entreprises qui négligent les problèmes environnementaux. Mais comment changer les choses ? Si l’on reste uniquement dans la critique on verse vite dans le cynisme». A l’inverse, il a dit sentir lors du lancement de SFG un début de solution : des banquiers et d’autres parties prenantes , des financiers et d’autres parties prenantes, initiant un changement de l’intérieur. Un mouvement important selon lui car le politique ne peux pas tout faire, les lois non plus, et ces mouvements issus de la société civile et une association comme SFG « jouent un rôle fondamental dans ces changements ».

Orienter les activités économiques vers des systèmes plus durables

Pour David Hiler, la croissance de la finance durable valide aussi « l’idée qu’il y a une place pour une monde bancaire qui oriente les activités économiques vers un systèmes plus durables ». Une composante essentielle pour faire face aux grands enjeux des années à venir selon lui, qu’il s’agisse des challenges environnementaux, sociaux ou sociétaux. Les grands accords politiques internationaux sur l’énergie et l’environnement ne suffiront pas et l’économie aura un rôle important à jouer.

Il a également déclaré comme « passionnant » le projet de bourse durable porté par SFG, qui vise à la création d’une bourse spécifique en Suisse, qui serait uniquement dédiée à la cotation d’entreprises sociales, comme il en existe ailleurs dans le monde sous diverses formes. « Si on ne peut investir que dans un couvent, la finance durable n’a aucun intérêt ! C’est pour cela qu’il faut développer ce genre de projets intéressants qui développement l’offre et permettent de proposer une analyse globale des entreprises sous un angle durable ».

Une véritable opportunité pour Genève

Ce projet de bourse pourrait être aussi une chance supplémentaire de rayonnement pour Genève d’après lui. « Regardez la production littéraire et cinématographique ces 50 dernières années : l’image de Genève, ce sont des valises de billets…. On se bat un peu avec Zurich pour cela d’ailleurs!» Certes le secret bancaire semble déjà loin. Mais certains préjugés persistent. « L’écosystème de Genève est très diversifié et il est essentiel de le mettre en valeur. Même s’il s’agit d’un challenge ambitieux, ce projet de bourse sociale me paraît une excellente opportunité pour notre canton de se positionner sur ce segment ».

Pour David Hiler, Genève est aussi toujours attractive. Bien sûr, les marges des banques ont baissé mais elles attirent toujours de nombreux clients internationaux : « la place financière de Genève n’est pas en déliquescence et se défend très honorablement ! ». Le renforcement de l’expertise de la place en matière de finance durable pourrait donc être un atout supplémentaire. Enfin, même si un nombre croissant d’études et de statistiques le démontre toujours plus, pour lui il faut absolument convaincre le grand public, et pas seulement les initiés, que les placements durables sont aussi rentables que des placements traditionnels. « Il faut montrer à chaque occasion qu’il ne faut pas faire pénitence pour faire de la finance durable, mais qu’il s’agit d’une véritable opportunité ».

 

SFG // SFG // 06.06.16

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