La Suisse, leader en finance durable?

La Suisse est déjà un leader mondial en finance durable avec la Fondation Ethos pour le conseil aux caisses de pension, la Banque J. Safra Sarasin pour sa recherche et la gestion de fonds, RobecoSAM pour ses fonds thématiques, ou encore responsAbility, Blue Orchard et Symbiotics pour leurs fonds microfinance et d’impact, pour ne nommer que les principaux. Non seulement leaders mais aussi souvent pionniers !

En effet, chacun est un expert reconnu dans son domaine tout en ayant joué un rôle innovant dans le développement de cette industrie. En d’autres mots, il existe déjà une finance durable « swiss-made ». C’est important de le souligner puisque les responsables politiques et financiers cherchent une solution pour redorer le blason de la place financière suisse. Et comme celle-ci pèse tout de même pas moins de 10% du PIB national et représente 5.7% des emplois, il est important de mettre en avant ce type de savoir-faire. La Suisse a plus que jamais besoin de vision et d’innovation.

Selon une étude publiée en 2013 par onValues, la Suisse compte 220 organisations engagées activement dans la finance durable, c’est-à-dire incluant de manière systématique des critères sociaux, environnementaux ou de gouvernance dans leurs décisions d’investissement. Parmi elles, il y aurait pas moins de 73 gestionnaires spécialisés et 60 fonds de pension. Quant à la taille globale du marché suisse de l’investissement socialement responsable ou ISR (au sens large), il atteindrait plus de CHF 520 milliards selon Eurosif (réseau européen de promotion de l’ISR), ce qui représenterait plus de 20% des actifs sous gestion en Suisse évaluées à CHF 2’500 milliards. La Suisse est donc l’une des plus importantes places financières durables avec 4% du marché mondial (Eurosif/Global Alliance for Sustainable Investment 2012).

Si on dissèque un peu ces chiffres, 90% pratiquent des stratégies d’exclusion de thématiques telle que l’armement, le tabac ou l’énergie nucléaire et moins de 10% seulement (CHF 48.5 milliards) mettent en œuvre des stratégies actives ou inclusives, c’est-à-dire filtrant ou sélectionnant intentionnellement des investissements selon des critères ESG (environnementaux, sociaux ou de gouvernance). Parmi ces stratégies inclusives, l’investissement microfinance et d’impact, c’est-à-dire un investissement qui recherche un impact social ou environnemental positif, ne représente qu’un tout petit pourcentage (<1%). Mais il est néanmoins en très forte croissance puisqu’il a augmenté de 50% en 2013. D’ailleurs, 30% des fonds microfinance au niveau mondial sont gérés depuis la Suisse.

Reconnaître que la Suisse est un leader en placement responsable est un acte politique. A bon entendeur.

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // F. Sophia // 31.01.14

Comments are closed.

print