Le Buzz de Sœur Christina, Être ou ne pas Être (à sa place) et …

« Regarde cette vidéo, c’est incroyable, ça c’est de l’Impact ». Voilà comment j’ai été accueilli récemment à un diner mais je n’ai pas tout de suite compris de quoi il s’agissait puisque pour moi l’Impact, c’est plutôt une démarche responsable d’investissement. Pour résumer, on m’explique qu’il s’agit d’une émission de télévision, «The Voice» en Italie où des candidats chantent et sont sélectionnés à l’aveugle.

J’avoue que la vidéo est surprenante et séduisante : une bonne sœur chantant un hit et créant la surprise puis l’émotion du jury quand ils aperçoivent son apparence, quand ils comprennent son identité. Le public était déjà conquis puis Internet a fait le reste.

Que nous révèle ce buzz et l’engouement du public ? De mon point de vue, cela montre la puissance de la « surprise » et de l’inopiné. L’impact que peut provoquer le choc et la révélation de l’inattendu. Oui la performance est bonne, mais son succès tient plus à la réalité de la personne et à la portée de son acte au sein de notre inconscient collectif.

Sœur Christina n’est pas à sa place ; elle ne rentre pas dans la case où la société veut la placer. Parallèlement comment aurait réagit l’opinion à une performance banale ? Je pense que ce n’est pas la personne ou la prestation qu’il faut juger, mais bien la combinaison. C’est ensemble que ces deux éléments, l’acte et l’apparence, devenus indissociables, tirent leur force. Ils déclenchent la curiosité puis l’engouement. Cela rappelle la vidéo de Suzanne Boyle. Une personne moquée au départ pour son apparence de vieille fille lors d’une émission du même genre, puis acclamée.

Imaginons dès lors une certaine similitude en économie et dans le domaine de l’investissement. Créer une surprise notable et réconcilier deux mondes que l’inconscient collectif oppose. Par exemple l’entreprenariat et le social, ou bien le financier et le long terme ? Cette fois ce n’est pas une association ou un organisme d’état qui vient en aide à une population en difficulté mais des entreprises qui développent des biens et des services dans une économie marchande. C’est aussi un ensemble d’investisseurs, soit séparément soit au sein d’un fond, qui soutiennent des projets et des entreprises pour créer un impact environnemental et/ou social positif en plus d’un rendement financier. Sans aller jusqu’à imaginer Dick Fuld (ex-CEO de Lehman Brothers) investir dans une entreprise d’Agroforesterie, nous voyons bien que c’est en élargissant les domaines du possibles qu’on bouscule l’opinion. D’après Claude Bernard « C’est ce que nous pensons déjà connaître qui nous empêche souvent d’apprendre »

Ainsi une nouvelle approche, l’Economie Sociale et Solidaire, pour le bien être du plus grand nombre, se met enfin en place dans nos sociétés. Après la dérégulation et la financiarisation des trente dernières années des voix s’élèvent pour mettre en avant d’autres moyens de construire l’économie de demain, d’autres façons d’investir. Plus les porteurs de ces projets dénoteront avec les clichés, plus ils marqueront l’opinion mais ils n’ont pas le droit à l’erreur. S’ils créent la surprise alors en découle … l’obligation d’avoir un comportement exemplaire.

Claude Bernard, 1813-1878, médecin et physiologiste français, considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale.

SFG // A. Jung // 12.05.14

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