Le changement (climatique) c’est maintenant …

Le changement ? Un slogan de campagne électorale, des annonces médiatiques sur les catastrophes à venir mais restées sans actions d’envergure ? En 2013 le 1er volet du 5ème rapport du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) montrait la responsabilité de l’activité humaine sur le changement climatique. Mais pour les sceptiques il faudrait se méfier de ceux qui communiquent avec le mot « changement », un petit peu comme les hôtels qui affichent «Palace» et n’ont de Palace que le nom.

Pourtant, le 2ème volet de ce rapport met en avant les effets déjà observables ces dernières années des dérèglements climatiques (fonte des glaciers, précipitations plus fortes, vagues de chaleurs plus intenses, impacts sur l’agriculture, pics de pollution …) et donne les (terribles) impacts potentiels sur la planète et nos condition de vie d’un réchauffement moyen de 2 ou de 4 degrés. N’oublions pas qu’on parle de moyenne, ce qui signifie que pour certaines régions cela sera encore plus élevé.

Ce qui est constaté aujourd’hui provient des émissions passées. Cela prend entre 30 et 50 ans pour que les gaz à effet de serre émis se traduisent par des hausses de températures et de 1970 à 2000 ces émissions ont augmenté de 1.3% par an alors que de 2000 à 2010 leur croissance était de 2.2% par an, et cela malgré les beaux discours (J.Chirac, Johannesburg, la Maison brule, 2002).

Nous observons donc actuellement les résultats des Trente Glorieuses, une époque de croissance que certains aimeraient voir revenir. Cette croissance était notamment fondée sur les énergies fossiles à bas coût comme le démontre l’économiste G.Giraud dans son livre « l’illusion financière*: sur 3% d’augmentation moyenne du PIB par habitant, environ 2% provenaient de l’accroissement de consommation de pétrole, charbon et gaz, et 1% seulement du progrès technique ». Le scénario du GIEC nous alerte sur les conséquences de la poursuite de ce modèle « d’économie linéaire » et vise à rester sous la barre des 2 degrés d’ici 2100.

…. donc au lieu de Maintenir nos habitudes …

Il ne serait pas trop tard pour agir. Il va être difficile d’éviter le dérèglement climatique dû à un réchauffement de 2 degrés mais il est encore possible d’éviter le pire, c’est à dire un réchauffement de 4 degrés ou plus. Il est illusoire de croire que les énergies renouvelables vont pouvoir remplacer les énergies fossiles, ainsi la première chose à faire est de réduire notre consommation d’énergie. Comme le disait l’acteur F.Blanche « Face au monde qui bouge, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement ».

Cela passe par la transition énergétique mais surtout dans notre comportement individuel et un nouveau paradigme économique, soucieux des ressources naturelles, « l’ économie circulaire », certainement plus efficace que l’action politique.

L’investissement privé, l’Impact Investing et la finance durable ont aussi leur place pour motiver cette transition et justement soutenir les (jeunes) entreprises qui proposent de nouvelles solutions dans le domaine de l’agriculture, de la nourriture, de l’habitation et du transport. Quand on sait que le premier secteur de dépenses des ménages Suisses se trouve dans le logement et l’énergie pour 16% du revenu disponible, puis l’alimentation pour 13% et le transport pour 8%, de nouveaux procédés capables de séduire les consommateurs et d’avoir un impact environnemental positif peuvent s’avérer plus efficaces que des mesures politiques difficiles à voter. Je pense aux initiatives qui relocalisent la nourriture afin d’éviter les transports sur des milliers de kilomètres, à celles qui favorisent une production agricole écologique afin de réduire la dépendance au pétrole et à la chimie mais aussi concernant le transport individuel. Quand on réalise que le poids moyen d’une voiture est de 1500 kg et que celle-ci transporte une personne de 70kg, alors 95% de l’énergie consommée et des gaz émis servent à déplacer la voiture et non à transporter son utilisateur. Pas vraiment optimal.

J’espère que ces premiers exemples montrent que … chacun d’entre nous peut agir pour s’acclimater aux changements économiques nécessaires.

* les éditions de l’atelier, 2013

SFG // A. Jung // 04.06.14

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