Le climat et la bulle

Début juillet, dans le nord du Vermont, les membres du conseil de fondation du Sterling College, une petite université spécialiste des sujets environnementaux et de durabilité, ont décidé de renoncer entièrement aux investissements associés aux énergies fossiles dans le portefeuille de leur fondation. Objectif affiché: réaffirmer leur mission éducative et soutenir le développement de solutions liés aux enjeux environnementaux.

Déjà perceptibles, des sarcasmes accueillent la décision de cette bande d’hurluberlus idéalistes confortablement installés au milieu de leur forêt d’érables. Et pourtant ! Cette décision, en l’occurrence morale, ne serait peut-être pas dénuée de tout sens économique.

C’est ce qui ressort de l’étude « Unburnable Carbon 2013 », publiée par l’institut de recherche Grantham de la très respectée « London School of Economics ». Leur conclusion : les entreprises dont le modèle se base sur le développement et la vente d’hydrocarbures sont aujourd’hui totalement surévaluées. Ce rapport fait écho à une première mouture publiée en 2011, qui démontrait que les marchés de capitaux n’avaient d’aucune manière reconnu et encore moins quantifié les objectifs de réduction des émissions de CO2 que s’étaient fixés certains gouvernement dans les accords de Cancun. Cette limitation devrait permettre de borner la hausse de la température moyenne à un maximum de  2 degrés au-dessus des températures de l’ère préindustrielle.

Pour atteindre cet objectif, l’agence internationale de l’énergie a estimé que le budget d’émission à disposition jusqu’en 2050 se monte entre 565 et 886 tonnes de gaz à effet de serre. Ce qui représente moins de 20% des réserves d’énergies fossiles aujourd’hui établies. Toutes choses étant égales par ailleurs, investir dans des entreprises dont la seule valeur repose sur leur capacité à exploiter au maximum leurs réserves d’énergie fossile devient donc presque absurde.

D’ailleurs suite à la publication de ce rapport, le fonds de pension et assureur norvégien Storebrand a décidé d’interrompre leurs investissements dans les sables bitumineux. Démarche similaire chez le hollandais Rabobank qui a annoncé ne plus accorder de financement à des projets d’extraction non conventionnels. Leur rentabilité économique à long terme est mise en doute en raison du taux élevé de carbone par unité. Un exemple d’investissement responsable…

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // N. Guerdat // 23.07.13

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