Le hasard des rencontres n’existe pas pour ceux qui marchent sur le même chemin

écrit avec Carmen Fankhauser.

Il y a tant à faire et créer. C’est inspirant mais parfois un peu décourageant. Encore plus quand des élections présidentielles montrent un aspect court-termiste, calculateur et populiste. Cette phrase sur le hasard raisonne en moi depuis longtemps et a pris forme, très concrètement, ces trois dernières années. Quelles belles surprises ces rencontres au sein de Fondations et Associations… Mais sont-elles dues au hasard ?

 

Le hasard est défini comme étant la cause d’évènements apparemment fortuits ou inexplicables (Larousse). Son origine vient de l’arabe az-zahr ou yasara, le dé. Si le hasard mène la danse (…) alors notre volonté ne compte pour rien…La vie n’a aucun sens. Mais si tout est déjà programmé à l’avance, alors rien ne sert de vouloir, la liberté n’existe pas (Philosophie Magazine 08/2011).

Comment contrebalancer le hasard ? Par le calcul des probabilités comme le montre la finance de marchés ? Par l’engagement personnel comme le propose l’Impact Investing?

 

Les modèles de calcul des prix des options et les modèles statistiques ont révolutionné la finance des années 80 puis la gestion des risques de portefeuilles des années 2000. D’abord il fallait analyser et anticiper, puis programmer et calculer. On se protégeait de la baisse, du risque de l’évènement hasardeux. Restait quand même, selon Nassim Taleb l’impact extrême des évènements rares, le Black Swan. La puissance des calculs des ordinateurs accélère cette tendance. Les algorithmes passent les ordres en bourse. En private banking, ils déterminent le profil du client.

 

J’ai travaillé 20 ans dans un milieu qui voulait tout prévoir. J’en étais troublé. Je me passionne depuis 10 ans pour un milieu qui prévoit de vouloir. J’en suis profondément touché et intimement ébloui. Les cygnes sont cette fois blancs et nagent pour un monde durable. Justement la finance durable s’organise, des personnes diverses se découvrent et se retrouvent. Entrepreneurs sociaux, philanthropes, investisseurs et fondations collaborent.

 

Oui on peut croire au hasard de sa naissance, au hasard des premières rencontres mais en avancant dans la vie, on apprend à se connaitre. Là apparaitrait une différence dans le séquencement des verbes Faire – Avoir – Être comme j’en parlais déjà dans ce blog en Octobre dernier. Ce n’est plus Faire pour Avoir puis Être, mais bien Faire selon sa raison d’Être. Si cette raison d’être dépasse l’égo puis associe passion et mission alors on trouvera des personnes ayant en commun les mêmes envies. Je ne crois donc plus au hasard des rencontres comme par exemple avec l’association NiceFuture, et Carmen.

 

Selon Carmen, lorsque nous prenons acte de notre conscience nous sommes en mode d’ouverture et d’alignement avec notre être. Cela nous amène des personnes et des situations qui nous font évoluer en partageant et co-créant un renouveau. Ce serait en quelque sorte la loi de l’attraction. Nous avons décidé de contribuer au nouveau modèle économique car notre chemin de vie nous a montré les limites du système. Chacun dans son domaine d’expertise et de cœur peut y participer puisque chaque pas se fait en pure conscience. Justement, le domaine des finances et de l’économie sont des briques qui favorisent fortement ce changement. Montrer l’exemple en ouvrant de nouvelles perspectives crée notre intention d’améliorer le monde actuel qui ne correspond plus au sens qu’on aimerait vivre. Sortons de la peur et trouvons des solutions cohérentes en accord avec qui nous sommes vraiment. En chacun de nous germe une bienveillance, à nous de trouver la clé, en chemin individuel et/ou collectif. Et si on acceptait l’incertitude du futur en ayant tout simplement confiance ? Quel plaisir quand le hasard se révèle par des rencontres pleines de gratitude Sans engagement, intention ou volonté la place du hasard peut se révéler déterministe, voire fatale. Avec une mission et de la volonté alors le hasard prend tout son sens.

 

R.Enthoven distingue dans le hasard la coïncidence et la contingence, comme absence de sens. Carl Gustav Jung propose de nommer synchronicité une relation entre deux événements qui ne relève pas d’une association causale, mais d’une association par le sens. On parlerait donc de synchronicité dans les rencontres qui nous transforment. La volonté reprend son pouvoir et désigne des devoirs. C’est le cercle vertueux où le hasard, certes, a sa place, mais comme des opportunités et non plus comme des obstacles ou fatalité. Si le système vous heurte, montrez de l’engagement dans vos investissements et dans vos actions, et je vous promets de belles rencontres.

A. Jung // Carmen Fankhauser // 01.05.2017

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