Philanthropie: donner plus ou donner mieux?

La semaine dernière, les Beacon Awards organisés par le Community Foundation Network récompensaient les philanthropes les plus novateurs ou inspirants de la philanthropie en Angleterre. Deux cents personnes assistaient à la remise des Prix placés sous le signe d’une « philanthropie efficace ». En même temps, fin janvier à New York, Michael Bloomberg annonçait un don de USD 350 millions à l’Université Johns Hopkins, atteignant ainsi un don record de plus de USD 1 milliard à une seule université. Ces deux événements sont assez symboliques de l’enjeu de la philanthropie d’aujourd’hui: donner plus ou donner mieux ?

Les motivations de ceux qui donnent

Pourquoi donne-t-on ? La question peut paraître simple, or elle nous occupe depuis des millénaires. Sans doute parce qu’une partie de la réponse relève de la sphère intime du philanthrope. Si la question est passionnante, il n’y a, en la matière, ni règle ni changement, car le débat se situe à un niveau personnel.

Combien donner et pour qui ? La philanthropie ne représente qu’une petite partie des soutiens nécessaires face aux enjeux de nos sociétés. Les 33 philanthropes lauréats des Beacon Awards représentent £ 100 millions. C’est conséquent à l’échelle des individus récompensés, et peu à l’échelle des besoins dans l’humanitaire, le social ou la culture. Les dons sont toujours en deçà des besoins. La question du combien est importante mais insuffisante pour expliquer le don. Quant à qui donner ? l’incitation fiscale, en cette période de disette budgétaire des Etats, nous encouragerait à soutenir les causes d’intérêt public. Or, celle-ci va de pair avec une liberté dans le choix des causes soutenues par le philanthrope.

Des nouvelles manières de donner au cœur de l’innovation philanthropique

Ce qui a changé dans la philanthropie n’est donc ni dans le pourquoi ? ni le combien ? ou le pour qui ? Ce qui a changé ce sont les moyens mis à disposition pour donner: soutenir des associations ou des entreprises sociales, faire un don ou un prêt à celles-ci, définir des critères de résultat plutôt que soutenir une cause sans attentes explicites, s’engager de son vivant plutôt que de faire un legs.

Cette question du comment donner ? est bien l’épicentre de la nouvelle philanthropie. Jones Stones, entrepreneur lauréat des Beacon Awards: « Cela m’a pris 5 ans avant de faire des donations importantes; je voulais être sûr que mon argent serait utilisé au mieux et avoir l’impact le plus grand auprès de ceux que j’ai choisi de soutenir. »

Si donner c’est choisir, ce choix induit des exigences particulières. Chacun dispose aujourd’hui de nouveaux moyens pour réussir son projet philanthropique et y prendre plaisir. Pour J.K. Rowling, auteur de Harry Potter et elle aussi lauréate la semaine passée, « nous avons une responsabilité morale quand nous recevons bien plus que ce dont nous avons besoin, (…) celle de donner intelligemment.» L’approche et la manière de mieux donner deviendraient donc déterminants, et au moins aussi importants que le donner plus.

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

BIlan & SFG // E. Eichenberger // 12.02.13

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