Pour vos finances aussi, vous prendrez bien un peu de rupture?

Et si on appliquait les recettes de la technologie à la finance ? Ces ruptures qui sont autant d’innovations et qui, comme leur nom l’indique, transforment le statu quo tout en favorisant le changement de paradigme. Ces ruptures qui peuvent soit remplacer des pratiques existantes, soit introduire un concept tout à fait nouveau pour la société. On pense notamment aux récentes révolutions dans les domaines de la télécommunication ou de la photographie, avec le passage de l’argentique au numérique.

Dans une logique parallèle, un nombre croissant d’observateurs – certains avisés et d’autres beaucoup moins – en appellent à une rupture dans le modèle de la finance actuelle. Rien ne sert d’augmenter la réglementation ou de faire évoluer les pratiques, disent-ils. Le système est foutu, changeons le système!

Mais lorsqu’il s’agit de définir ce nouveau modèle – donc ce nouveau système -, cela se complique. Bien sûr, tout le monde s’accorde sur les travers à ne pas reproduire et les dérives à éviter: moins de court-terme, plus de transparence, exit les spéculateurs et un recentrage sur le financement de l’économie réelle. Mais tout ça a des airs de déjà-vu, de déjà-entendu !

Si l’on recherche un concept véritablement nouveau, la finance durable propose un modèle de rupture. Non pas parce qu’il est révolutionnaire. Mais parce qu’il utilise des critères d’analyse environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ainsi, il élargit le champ d’évaluation des sociétés ou des projets et propose une approche de l’investissement moins centrée sur les rendements immédiats. S’inscrivant ainsi dans une démarche cohérente et intégrée favorisant l’émergence d’un modèle économique durable et pérenne.

On se pose alors inévitablement la question de savoir si la finance durable permettra-t-elle de bouleverser une donne qui semble incontournable. Cette démarche d’intégration des enjeux ESG, auxquels notre société fait face dans ses décisions d’investissement, nécessite d’avoir une vision de long terme. Il s’agit avant tout de comprendre dans quoi on investit et la finalité d’un tel investissement. Il s’agit bien sûr de rester humbles. Même avec tout la bonne volonté du monde, la finance durable pas ne va pas le changer. Mais elle peut y contribuer… Et dans cette période en ébullition – où l’on vit des modifications structurelles, rapides et imprévisibles – elle permet de se recentrer sur les principes essentiels tout en maintenant le cap.

Publié sur Bilan où de nombreux autres blogs sont à découvrir.

Bilan & SFG // N. Guerdat // 09.04.13

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